Harry Potter et le mystère de la Chouette Effraie

 

Chapitre 35 : Dans la forêt interdite

 

            L’effervescence régnait dans la tour des Gryffondor. Harry, Ron, Neville, Seamus et Dean furent brutalement réveillés par Fred et Georges.

 

            “- Harry ! Harry ! Lève-toi ! le pressa Fred.

 

             - Qu’est-ce qui se passe ? s’enquit Harry, en attrapant, d’un geste vif, ses lunettes sur la table de chevet.

 

             - Je sais pas ! Tout ce que je sais, c’est que McGonagall a déboulé, en trombe, dans la Salle Commune. Elle était dans tout ses états ! Georges, Lee et moi, on discutait devant la cheminée à ce moment- là ! Elle ne nous a même pas demandé ce qu’on faisait encore debout à cette heure !”

 

            Harry, à l’expression inquiète des jumeaux, crut aussitôt deviner ce qui se passait. Tout comme Ron, Seamus et Dean. Neville, lui, émergeait à peine.

 

            “- Il est quelle heure ? marmonna-t-il d’une voix ensommeillée.

 

             - Minuit moins dix ! répondit Georges.

 

             - Dépêches-toi, Neville ! McGonagall nous a dit de rassembler tout le monde dans la Salle Commune ! lança Fred. Bon, on vous laisse, on a encore du monde à réveiller !” ajouta-t-il avant de sortir, précipitamment de la pièce, suivit de Georges.

 

            Neville, comprenant enfin ce qui se passait, se rua hors de son lit et enfila sa robe de sorcier. Harry, déjà habillé, glissa sa baguette dans sa poche, imité par Dean, Seamus et Ron.

 

            Tous les cinq dévalèrent ensuite l’escalier en colimaçon, fendant la foule des élèves quittant les dortoirs des garçons, en essayant d’en savoir plus.

 

            Tous les Gryffondor se retrouvèrent enfin dans la Salle Commune, pressant McGonagall, de toute part. Celle-ci, bien que pâle, parvenait à rester calme et imposa le silence dans la salle. Le crépitement des flammes, dans la cheminée, était le seul bruit qui troublait le calme de la Salle Commune, un sourd brouhaha, montrait néanmoins l’atmosphère fiévreuse qui régnait à Poudlard, ne laissant présager rien de bon. Ce fut donc après un long silence tendu que McGonagall prit la parole, d’une voix aussi posée que possible.

 

            “- Ecoutez moi ! commença-t-elle. Je ne sais pas ce qui se passe exactement, mais il est dangereux pour vous, les élèves de rester dans le château. C’est pourquoi, nous allons vous emmener à la lisière de la Forêt Interdite. Vous resterez tous, ensemble, là-bas, à attendre que je revienne vous chercher.

 

             - Pourquoi on ne peut pas rester dans la Salle Commune ? demanda la petite voix, inquiète, de Denis Crivey.

 

             - Sachez, Mr Crivey, qu’un mage noir peut... !”

 

            McGonagall s’interrompit, embarrassée, en se rendant compte qu’elle en avait trop dit.

 

            “- Un mage noir ? s’exclamèrent, en chœur, les élèves.

 

             - Professeur, Vous-Savez-Qui est ici ? s’inquiéta Ginny.

 

             - Nous n’en sommes pas sûrs ! répondit-elle, en calmant le mouvement de panique des élèves. En tout cas, une chose est sûre, il n’est pas bon, pour vous, de rester ici ! Alors, c’est un ordre, rejoignez la forêt ! Et ne vous en faites pas, plusieurs professeurs y veilleront à votre sécurité ! Restez calme et descendez en silence !”

 

            Les élèves obéirent calmement, et, accompagnés du professeur McGonagall, rejoignirent les élèves des autres maisons, dans le hall. Les élèves de Durmstrang et Beauxbâtons, eux, s’étaient déjà réfugiés dans la Forêt Interdite. Escortés par McGonagall, Chourave et Flitwick,, tendus et la baguette à la main, les élèves traversèrent rapidement le Parc, jusqu’à la lisière obscure et menaçante de la forêt qui s’étendait face à eux. Levant les yeux vers le ciel étoilé, Harry aperçut le plumage soyeux de la chouette effraie, qui voletait silencieusement au dessus du groupe qui fut confié, arrivé à la forêt, à Hagrid, Madame Maxime et les professeurs Bibine et Sinistra, tandis que les autres enseignant repartaient précipitamment en direction du Parc. Tous les élèves, angoissés, s’installèrent, plus ou moins confortablement, à proximité des professeurs qui les surveillaient, sans prononcer une parole.

 

            “C’est là qu’on aimerait que Dumbledore soit ici !” marmonna Hagrid.

 

            Les minutes passèrent. L’attente se prolongeait. Soudain, la Marque des Ténèbres étincela, verdâtre, dans le ciel nocturne, au dessus de Poudlard. Des cris de terreur s’élevèrent parmi la foule des élèves. La Marque éclairait faiblement un spectacle, à la fois impressionnant et effrayant, une altercation entre une dizaine de silhouette cagoulées, opposées aux professeur de Poudlard. De là où ils étaient, les élèves étaient incapable de dire qui avait l’avantage sur l’autre. Une vingtaine de silhouettes cagoulées, sûrement des Détraqueurs et des Mangemorts, eux, traversaient le Parc, en direction de la Forêt Interdite.

 

            “Oh non ! s’écria le professeur Sinistra. Les enfants, partez vite dans la forêt, vous y serez plus à l’abri ! Vite !” ajouta-t-il alors que les trois professeurs et Madame Maxime partaient à la rencontre des Mangemorts.

 

            Les élèves, interloqués, se fixèrent un instant, perplexe et inquiets. Mais une détonation soudaine, au dessus des arbres les décida à fuir, dans les profondeurs de la forêt. Cédant à la panique, les élèves, soucieux de s’éloigner le plus possible des Mangemorts se dispersèrent. Fred, Georges, Hermione, Harry, Ron, Dean, Seamus, Lavande, Parvati et Neville restèrent néanmoins groupés, et tout en courant dans l’obscurité, sortirent leurs baguettes magiques.

 

            “Lumos !” lancèrent-ils en chœur.

 

            Leurs baguettes projetèrent de mince faisceaux lumineux, éclairant, à présent, un chemin, s’enfonçant au cœur de la forêt.

 

            Harry trébucha soudain, s’étala le long du chemin et lâcha sa baguette qui, roulant un peu plus loin, s’éteignit.

 

            “- Harry ! Ca va ? s’inquiéta Ron, en revenant vers Harry.

 

             - Oui ! Oui ! Va avec les autres, je vous rejoindrai !”

 

            Ron, hésita.

 

            “Vas-y !” lui cria Harry.

 

            Ron repartit alors derrière les autres. Harry se mit alors à genoux, dans la pénombre.

 

            “Accio !” murmura-t-il.

 

            Aussitôt, sa baguette lui sauta dans la main.

 

            “Lumos !” ajouta-t-il, en se relevant.

 

            Les cris dans le parc s’étaient tus. Harry en était, à présent, trop éloigné. Un hululement aigu retentit au dessus de sa tête.

           

            A la faible lueur de sa baguette, Harry aperçut la forme blanche de la chouette effraie.

 

            “Ron ! Hermione !” appela Harry.

 

            Pas de réponse. Il se trouvait seul dans cette forêt hostile, dont il avait de si mauvais souvenirs. Il regrettait amèrement de ne pas avoir pris la Carte du Maraudeur, qui lui aurait sûrement été utile pour retrouver ses amis. S’efforçant à ne pas perdre son calme et s’étant remis en marche, il s’arrêta soudain, à un embranchement. Une gigantesque silhouette noire se découpait en face de lui. L’araignée géante, carnivore, ses yeux brillants fixés sur Harry, émettait un cliquetis plus qu’effrayant.

 

            “Impedimenta !” cria Harry.

 

            Le sort d’entrave frappa de plein fouet l’araignée qui s’écroula en travers du chemin. Profitant de l’occasion, Harry courut le long du chemin qui serpentait sur sa gauche, pour s’éloigner le plus possible de l’animal, avant que l’araignée ne reprenne ses esprits.

 

            Harry déboucha alors dans une dans une clairière qu’il ne connaissait pas et s’arrêta, hors d’haleine, près d’une souche. Retrouvant son calme, il jeta un coup d’œil alentour et étouffa une exclamation horrifié, en se relevant d’un bond, deux secondes avant de ressentir une vive douleur lui traverser le front.

 

            “ Tiens ! Tiens !” murmura Voldemort, accompagné de cinq Mangemorts, ses yeux rouges brillants d’un éclat presque démoniaque, sa baguette tendue en avant, debout, à quelques mètres seulement de Harry.

 

            “Endoloris !” lança Voldemort, sans autre préambule.

 

Harry, touché de plein fouet, tomba à genoux sur le sol, sous la puissance du sortilège combinée à l’intense douleur qui lui traversait le front.

 

            Serrant les dents, les doigts serrés sur sa baguette, résistant contre la douleur que lui infligeait le sortilège Doloris et sa cicatrice, Harry se releva. Voldemort, surpris, abaissa sa baguette.

 

            “Je t’ai sous-estimé à ce que je vois ! remarqua Voldemort, calmement. Tu es de plus en plus tenace. Tu en deviens presque gênant ! Bon, passons aux choses sérieuses, alors ! Je vais te montrer jusqu’où peut aller ma puissance ! ENDOLORIS !”

 

            Cette fois, Harry était prêt. Il se laissa tomber dans l’herbe et sentit le sortilège passer au dessus de sa tête.

 

            “Bien essayé Harry ! ricana Voldemort. On va voir si tu peux éviter ça ! ENDOLORIS !”

 

            Le sortilège atteignit une telle intensité que Harry, qui s’était précipitamment relevé, recula, la baguette levée, impuissant, face à Voldemort. Il recula si bien qu’il se retrouva adossé contre un gros arbre. Harry s’immobilisa, aveuglé par la colère, et la douleur lui traversant le front.

 

            “Stupefix !” cria-t-il, en désespoir de cause, sachant ses efforts vains.

 

            Voldemort ayant laissé en plan ses partisans, s’avança vers Harry et s’arrêta à une dizaine de mètres de lui.

 

            “Pathétique ! murmura-t-il. Comme si un sortilège aussi faible pouvait arrêter Voldemort !”

 

            Harry préféra s’abstenir de répondre.

 

            “Cette fois, il est temps d’en finir avec toi ! annonça alors Voldemort. Cette fois, personne ne sera là pour te sauver la mise, même pas cet imbécile amoureux des Moldus ! Regarde la mort en face, Harry !”

 

            Avant même que Voldemort n’ouvre la bouche, Harry sut immédiatement ce que Voldemort allait lancer.

 

            “AVADA KEDAVRA !” rugit Voldemort.

 

            Dans un bruit de bourrasque, un rayon vert surgit de sa baguette.

 

            Un mince faisceau orangé frappa alors le faisceau vert qui disparut soudainement.

 

            “Qu’est-ce que...?” hurla Voldemort.

 

            Harry ne sut jamais ce que Voldemort pensait car il tomba contre l’arbre, inconscient, terrassé par la douleur cuisante, qui lui brûlait le front.

 

 

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